Sous un toit ouvert, l’école continue
Un tableau noir, des cahiers ouverts, des enfants assis à leurs tables. Et au-dessus d’eux, par endroits, le ciel.
À Ankazomagnitsé comme à Bélitsake, les conséquences des cyclones qui ont frappé le sud de Madagascar en 2025 sont encore bien visibles en ce début d’année 2026. Des toitures restent fragilisées, certaines parties des bâtiments ne peuvent plus être utilisées normalement. Pourtant, chaque matin, l’école continue.
Pas dans des conditions ordinaires. Mais elle continue.
Apprendre dans des bâtiments fragilisés
À quelques centaines de mètres l’une de l’autre, les deux écoles accompagnées par l’Association Métis Malagasy ont toutes les deux subi des dégâts.
À Ankazomagnitsé, une seule salle de classe est restée pleinement utilisable après les cyclones. À Bélitsake, les salles ont pu continuer à accueillir les enfants, mais la toiture a nécessité des réparations provisoires réalisées par les parents d’élèves.
Les photographies prises sur place racontent mieux que de longs discours cette réalité : des tables et des bancs sont toujours alignés, les exercices sont inscrits au tableau, les enfants travaillent — tandis que de larges ouvertures dans la toiture laissent entrer la lumière et exposent la classe aux intempéries.
La saison des pluies rend ces fragilités encore plus concrètes.
Lorsqu’il pleut, une toiture endommagée n’est plus seulement une question de bâtiment. Elle modifie les conditions dans lesquelles on enseigne, on écoute, on écrit et on apprend.
Trouver d’autres espaces pour continuer
Face à ces contraintes, enseignants et communauté locale ont dû s’adapter.
Lorsque les salles ne suffisent plus, l’église du village a notamment ouvert ses portes pour accueillir des temps d’étude et de soutien scolaire.
Cette solution n’efface évidemment pas le besoin de réparer durablement les écoles. Mais elle raconte quelque chose d’essentiel : lorsqu’un bâtiment est fragilisé, la communauté cherche d’abord comment préserver la continuité de l’apprentissage.
Les cours ont ainsi continué, tant bien que mal: les difficultés sont réelles, mais elles ne résument jamais à elles seules la vie de ces écoles.
Il y a également les enseignants qui poursuivent leurs cours, les familles qui s’organisent, les lieux du village qui deviennent temporairement des espaces d’apprentissage et, surtout, les enfants qui continuent à ouvrir leurs cahiers.
Quand la pluie devient aussi une ressource
Dans l’Androy, la pluie porte un paradoxe.
Elle met à l’épreuve les bâtiments lorsqu’ils ne sont plus suffisamment protégés. Mais l’eau qui tombe pendant la saison des pluies constitue également une ressource trop précieuse pour être perdue.
À l’école d’Ankazomagnitsé, un nouvel ouvrage en béton destiné à améliorer la récupération et le stockage de l’eau a ainsi été réalisé au début de l’année. Conçu comme une solution plus pérenne que les cuves plastiques utilisées auparavant, il doit améliorer les capacités de stockage lorsque l’eau est disponible.
Cette amélioration rappelle que les besoins d’une école ne s’arrêtent pas à la porte de la salle de classe.
Pouvoir apprendre dans un bâtiment protégé, disposer d’eau et maintenir une cantine fonctionnelle participent d’un même environnement scolaire.
Dans les deux écoles, les cantines continuent d’ailleurs à fonctionner malgré les fragilités des infrastructures. Les repas peuvent toujours être préparés et servis : une continuité discrète, mais essentielle dans la vie quotidienne des établissements.
À Saint-Nazaire, regarder le terrain et préparer la suite
À plusieurs milliers de kilomètres de là, le 28 février 2026, les adhérents de Métis Malagasy se retrouvent à Saint-Nazaire pour l’Assemblée générale annuelle de l’association.
Ce rendez-vous constitue un autre aspect, moins visible mais indispensable, de l’action associative.
Le bilan moral et financier de 2025 est présenté aux adhérents. Les projets prévus pour 2026, le budget prévisionnel, les cotisations ainsi que l’organisation du Conseil d’administration et du Bureau sont examinés et soumis aux votes de l’Assemblée.
Les dégâts subis par les écoles et leur nécessaire remise en état figurent naturellement parmi les sujets qui occupent les discussions.
L’Assemblée générale permet ainsi de relier deux réalités très différentes : celle, très concrète, des enfants et des enseignants dans l’Androy, et celle des bénévoles qui, à Saint-Nazaire, doivent organiser, décider, rechercher des solutions et rendre compte des actions menées.
C’est aussi cela, une association : agir là-bas, mais s’organiser ici pour pouvoir continuer à le faire.
Continuer, en attendant de réparer durablement
En février, aucune nouvelle dégradation majeure n’est venue s’ajouter à celles de l’année précédente.
C’est déjà important.
Mais les photographies montrent aussi que le provisoire ne peut devenir permanent.
Les réparations durables des écoles restent donc l’une des priorités de 2026. Il faudra consolider les toitures, mieux protéger les espaces scolaires et continuer à améliorer les infrastructures qui accompagnent la vie quotidienne des enfants.
En attendant, les cours continuent dans les salles encore utilisables, parfois dans l’église du village, sous une toiture fragilisée.
Mais avec la même raison d’être : permettre aux enfants de poursuivre leur apprentissage.
Notre année 2026 continue. En mars, une nouvelle étape va donner une autre dimension aux projets portés par l’association — avant un retour, surtout, vers celles et ceux qui les font vivre sur le terrain.