2026 : continuer, réparer, construire

Dans l’Androy, une nouvelle année commence. Mais sur le terrain, les projets ne repartent jamais de zéro. L’année 2026 s’ouvre avec les avancées de 2025, mais aussi avec ses fragilités : des écoles qui continuent à accueillir les enfants malgré des bâtiments éprouvés, des réparations devenues indispensables et un centre de santé dont il faut poursuivre l’achèvement.

Il y a quelques semaines, notre Récap’ 2025 revenait sur une année riche en actions, en rencontres et en projets : soutien scolaire, fournitures, accompagnement des collégiens, mobilisation en France, avancée du Centre de Santé de Base…

Mais une rétrospective n’a de sens que si elle permet de regarder devant.

Et en ce début d’année 2026, notre priorité est claire : continuer d’agir, consolider ce qui a été fragilisé et mener à terme les projets engagés.

Continuer à apprendre, malgré des infrastructures fragilisées

L’année 2025 a rappelé à quel point les conditions d’apprentissage peuvent rapidement être bouleversées dans le sud de Madagascar.

En mars, les cyclones Honde et Jude ont successivement touché les écoles que nous soutenons à Bélitsaka et à Ankazomagnitsé. Les dégâts ont affecté les salles de classe, les toitures, les équipements et les espaces de cantine. Nous avions documenté les premières conséquences quelques jours après leur passage.

Quelques mois plus tard, le constat restait contrasté.

À Bélitsaka, l’école avait pu retrouver un fonctionnement normal, mais une partie importante de sa toiture demeurait trop fragile pour garantir une bonne protection face aux prochaines pluies. La cantine, elle aussi fortement endommagée, n’offrait plus aux enfants les conditions de protection qu’elle assurait auparavant.

À Ankazomagnitsé, les dégâts étaient plus lourds encore : une seule salle de classe pouvait être utilisée, tandis qu’une seconde avait dû être condamnée en raison d’un risque d’effondrement. Les équipes pédagogiques se sont adaptées, allant jusqu’à organiser certains enseignements en alternance et à accueillir les élèves de CM2 dans l’église du hameau. Une année scolaire spéciale raconte cette capacité à poursuivre l’apprentissage malgré les contraintes.

Cette réalité guidera une part importante de notre action en 2026.

Notre objectif n’est pas seulement de réparer des tôles ou des charpentes. Réparer une toiture, c’est permettre à une classe de continuer lorsqu’il pleut. Restaurer une cantine, c’est redonner aux enfants un espace où prendre leur repas dans de meilleures conditions. Consolider un bâtiment, c’est donner aux enseignants un environnement dans lequel ils peuvent exercer leur métier avec davantage de sérénité.

Réparer aujourd’hui pour mieux résister demain

La rentrée scolaire de septembre 2025 avait confirmé l’ampleur de cet engagement : 338 enfants et préscolaires étaient inscrits à Ankazomagnitsé et 451 à Bélitsaka, auxquels s’ajoutaient les collégiens accompagnés par l’association. Malgré les dégâts subis quelques mois auparavant, enseignants, familles et élèves avaient repris le chemin de l’école. Relire notre article sur la rentrée scolaire 2025-2026.

L’enjeu pour 2026 est désormais de passer de l’adaptation à la consolidation.

Les réparations des toitures constituent donc l’une des priorités de l’année. Elles doivent permettre aux écoles de retrouver des espaces plus sûrs et mieux protégés, mais aussi de se préparer aux prochaines saisons des pluies.

Dans l’Androy, entretenir une école n’est jamais un sujet secondaire. La continuité de l’enseignement dépend aussi de la capacité des bâtiments à résister.

À Ankazomagnitsé, poursuivre jusqu’au bout le projet du Centre de Santé de Base

L’autre grand chantier qui accompagne notre entrée dans 2026 se trouve lui aussi à Ankazomagnitsé.

Le projet de Centre de Santé de Base de niveau 1, engagé avec les autorités sanitaires malgaches, a été pensé pour rapprocher les soins des populations de 22 hameaux environnants. Le bâtiment prévoit notamment des espaces de consultation, une salle d’accouchement, une pharmacie et des locaux destinés aux personnels de santé. Le ministère malgache de la Santé doit assurer l’équipement médical, la mise à disposition du personnel et la gestion opérationnelle, tandis que l’Association Métis Malagasy porte la construction et la livraison du projet. Retrouver l’histoire du lancement du Centre de Santé de Base.

Le chantier n’a pourtant pas suivi le chemin prévu.

En 2025, plusieurs malfaçons avaient conduit l’association à mettre fin au contrat avec l’entreprise initialement chargée des travaux. Charpente, carrelage et certaines menuiseries devaient notamment être repris afin de répondre aux exigences du projet. Nous avions expliqué cette situation en détail dans notre point d’avancement du CSB.

En 2026, notre engagement reste intact : faire avancer le chantier, corriger ce qui doit l’être et aller jusqu’à l’achèvement du centre.

Car derrière les difficultés techniques d’un chantier demeure l’essentiel : permettre demain aux habitants de plusieurs hameaux d’accéder à des soins de proximité dans de meilleures conditions.

2026 : la continuité comme engagement

Cette nouvelle année ne commence donc pas par une page blanche.

Elle commence dans des classes qui ont continué malgré les intempéries.

Elle commence avec des enseignants et des familles qui se sont adaptés pour que les enfants puissent poursuivre leur scolarité.

Elle commence sur des toitures qu’il faut réparer, des cantines qu’il faut remettre en état et un centre de santé qu’il faut achever.

Et elle commence surtout avec une conviction : notre rôle n’est pas seulement d’initier des projets. Il est aussi de rester présents lorsqu’ils rencontrent des difficultés, de les suivre et de les mener aussi loin que possible.

Tout au long de 2026, nous vous raconterons ces avancées, mais aussi les obstacles rencontrés, les personnes qui font vivre les projets et les transformations que nous pourrons observer sur le terrain.

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