À mi-parcours : avancer, ajuster, continuer

Les premiers mois de 2026 ont été riches en projets, en travail et en enseignements pour l’Association Métis Malagasy.

  • Des écoles fragilisées par les cyclones.

  • Des enfants qui continuent à apprendre.

  • Des cantines qui restent actives.

  • Des solutions autour de l’eau qu’il faut repenser dans le bon ordre.

  • Un Centre de Santé de Base dont il faut préserver l’existant.

  • Des résultats scolaires encourageants à certains endroits, plus difficiles à d’autres.

Et, en France comme à Madagascar, de nombreuses heures de travail bénévole souvent invisibles.

À mi-parcours, il est utile de regarder ce qui a avancé, ce qui doit encore l’être et ce que cette première partie de l’année nous a appris.

Continuer malgré des bâtiments fragilisés

Depuis le début de l’année, les écoles d’Ankazo et de Bélitsake restent au centre de nos préoccupations. Les dégâts provoqués par les cyclones de 2025 sont toujours visibles. À Ankazo, la toiture reste particulièrement endommagée. À Bélitsake, les bâtiments ont mieux résisté, mais les réparations provisoires ne peuvent constituer une solution durable. Malgré ces conditions, les cours ont continué.

  • Les enseignants se sont adaptés.

  • L’église du village a parfois servi d’espace de soutien scolaire.

  • Les cantines sont restées fonctionnelles.

  • Et surtout, les enfants ont continué à venir apprendre.

Cette continuité est essentielle.

Mais elle ne doit pas faire oublier la priorité : retrouver des bâtiments scolaires correctement protégés.

L’eau : comprendre avant de construire davantage

Ces derniers mois nous ont également permis de mieux regarder la question de l’eau autour de l’école d’Ankazo. Une capacité de stockage existe déjà grâce à l’ouvrage en béton réalisé à proximité de l’établissement. Mais une citerne ne suffit pas si l’on ne dispose pas des surfaces permettant de recueillir l’eau lorsqu’il pleut.

La toiture endommagée de l’école joue donc un double rôle dans nos priorités. Elle doit être réparée pour protéger les enfants et les enseignants. Elle pourra également contribuer à retrouver une meilleure capacité de récupération de l’eau. Cette observation a permis de clarifier l’ordre des actions :

d’abord remettre l’école en état ; ensuite renforcer progressivement les solutions de collecte.

Il ne s’agit pas de renoncer à une ambition. Il s’agit de construire dans le bon ordre.

Le CSB : préserver ce qui existe

Le Centre de Santé de Base d’Ankazomagnitsé reste lui aussi présent dans les projets de l’association.

Une visite effectuée au mois de mars a permis de clarifier un point technique concernant le carrelage déjà installé : son maintien a été accepté, évitant ainsi une reprise lourde et coûteuse. Le bâtiment, qui a résisté aux cyclones, reste préservé.

En revanche, aucune avancée majeure du chantier n’est intervenue depuis. La priorité opérationnelle reste aujourd’hui la réparation des écoles et des cantines. Le CSB n’est pas abandonné. Il entre simplement dans une autre temporalité.

Pour une association reposant en grande partie sur des bénévoles, savoir hiérarchiser les projets est aussi une manière de mieux les suivre.

Des résultats scolaires qui appellent des réponses différentes

La fin de l’année scolaire a également apporté des résultats contrastés.

  • À Ankazo, 9 élèves sur 17 obtiennent leur passage en 6e.

  • À Bélitsake, aucun des 14 candidats ne franchit cette étape cette année.

  • Deux élèves présentés au BEPC n’obtiennent pas non plus leur diplôme.

Ces résultats ne doivent être ni dramatisés ni embellis. Ils doivent nous aider à comprendre.

  • Pourquoi deux écoles voisines obtiennent-elles des résultats aussi différents ?

  • Quels apprentissages doivent être renforcés ?

  • Quels soutiens peuvent être apportés aux enseignants et aux élèves ?

  • Et comment mieux préparer l’entrée au collège ?

Ce sont précisément les questions qui guideront une partie de nos prochaines actions éducatives.

Un projet important qui s’arrête avant les travaux

Ces derniers mois ont aussi été marqués par le projet préparé avec Nofy i Androy et soutenu dans le cadre du programme TADY.

Après un important travail de montage, AMM avait obtenu à travers ce dispositif le plus important soutien institutionnel de son histoire.

Les conditions nécessaires à sa mise en œuvre n’ayant finalement pas pu être réunies dans le cadre prévu, les parties ont convenu en juillet de mettre fin au projet avant le démarrage des travaux.

Nous souhaitons le dire simplement et avec transparence.

Cette issue n’efface ni la fierté d’avoir obtenu ce soutien, ni les très nombreuses heures consacrées bénévolement à construire et préparer le projet.

Études, réunions, budgets, documents administratifs, coordination : une grande partie de ce travail ne se voit jamais sur le terrain, mais elle mobilise énormément les bénévoles.

Cette expérience nous a aussi permis de mieux mesurer ce que demande la gestion de projets institutionnels plus complexes.

Les besoins des écoles, eux, restent inchangés.

Nous poursuivons donc la recherche de solutions pour y répondre autrement.

En France aussi, l’association continue à vivre

Les actions menées dans l’Androy ne seraient pas possibles sans la mobilisation qui existe également ici.

Adhérents, bénévoles, donateurs et partenaires contribuent chacun à leur manière.

  • Organisation d’événements.

  • Collectes.

  • Rencontres.

  • Communication.

  • Recherche de financements.

  • Préparation de dossiers.

  • Suivi administratif.

Toutes ces tâches appartiennent au même travail associatif.

Elles sont parfois moins visibles qu’une photographie prise dans une école, mais elles rendent les actions de terrain possibles.

Ce que ces premiers mois nous apprennent

À mi-parcours, le bilan n’est donc ni celui d’une succession parfaite de réussites, ni celui d’une année immobile.

Nous avons avancé.

Nous avons aussi dû ajuster.

Nous avons mieux compris certaines priorités.

Nous savons que les écoles ont besoin de réparations durables.

Nous savons que l’eau doit être pensée comme un système, et non comme une simple succession d’équipements.

Nous savons que le CSB demande encore du temps.

Nous savons que les résultats scolaires appellent des réponses différentes selon les établissements.

Et nous savons également qu’un projet peut ne pas aboutir comme prévu sans rendre inutile tout le travail réalisé pour le construire.

Continuer

Les prochains mois devront donc être ceux de la continuité.

Continuer à chercher des solutions pour les toitures.

Continuer à maintenir les cantines.

Continuer à accompagner les enfants.

Continuer à réfléchir aux réponses adaptées autour de l’eau.

Continuer à préparer la suite du Centre de Santé de Base.

Et continuer à apprendre de nos propres expériences.

Car l’action associative n’est pas une ligne droite.

Elle est faite de projets, de rencontres, de décisions, d’obstacles, d’ajustements et parfois de nouveaux départs.

Ce qui ne change pas, c’est notre engagement auprès des enfants et des communautés de l’Androy

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